GARULFO : lhistoire dune grenouille qui voulait devenir un homme !
(conte philosophique digne de La Fontaine et de Voltaire…)
scénario : Alain Ayroles
dessin : Bruno Maïorana
couleurs : Thierry Leprévost
éditions : Delcourt
Garulfo est ma BD préférée, aussi vais-je tâcher de vous la faire découvrir dignement. Fidèle compagnon des coups durs en prépa, il reste mon livre de chevet. 

Il était une fois, dans le royaume de Brandelune, une mare, dans laquelle vivait Garulfo, grenouille excédée par sa condition, (harcelé par un crapaud qui est persuadé que c’est une femelle, alors qu’aux grands dieux non, poursuivi par un monstrueux brochet), qui rêve de devenir un humain. « je révère ces fastueux bipèdes ». Il croise alors le chemin d’une sorcière, qui accepte de le transformer en prince… 

Garulfo est un conte de fée où se retrouvent princesses, mégères, dragons, ogres, sorcières, chat botté et poucet, sans oublier quelques rares preux chevaliers. (les autres sont bêtes, cruels, et « méchants », ce sont des hommes quoi.)
J’aime beaucoup cette Bd parce qu’en restant une histoire très divertissante, à se tordre de rire bien souvent, elle soulève de nombreuses questions, auxquelles il n’est pas toujours aisé de répondre. La Fontaine a bien dit que « l’homme est un loup pour l’homme ». (il me semble ;)) Notre petite grenouille découvre avec stupeur et naïveté ce qu’est réellement le monde des hommes.

D’un point de vue plus technique : le dessin est très beau, très fouillé, cela m’est arrivé après de nombreuses relectures de découvrir un détail que je n’avais tout d’abord pas remarqué (une pensée pour la planche 44 du tome 2), les mouvements sont aussi très bien rendus, donc bravo à Bruno Maïorana, les couleurs sont vives et enjouées, et renforcent la note d’optimisme, constante dans tous les tomes, grâce à la vivacité du dessin, à celle du dialogue et aux rebondissements de l’histoire.

Et le scénariste Alain Ayroles, déjà à l’origine de la BD tout aussi bien pensée De Capes et de Crocs, réussit là un conte philosophique très divertissant, notamment grâce aux dialogues en vieux français, une pure merveille selon moi, agrémentés de vocabulaire plus courant voire familier. « ô dieux chagrins qui m’affublates de cette squameuse enveloppe, j’irai contre vos édits, car dussé-je franchir mille lieues, dussé-je vaincre mille périls, dussé-je pour cela perdre mon âme, … je serai un homme ! » dixit garulfo. Joli non ???
Je ne m’apesantirai pas plus longtemps, je suis peut-être maladroite dans la manière de m’exprimer, mais ce que je veux dire tout simplement c’est que j’adooooore cette BD et que je la conseille à tous !! (en plus c’est une série finie !!)
A consommer sans modération !!
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